Bibliothèque / Articles / Tankas
LA BIBLIOTHÈQUE
La bibliothèque est accessible à tous les pratiquants sur simple demande aux membres du bureau et enseignants. Vous y trouverez des livres sur l’aikido, les budo, la culture japonaise, …
LES ARTICLES
Quelques articles publiés dans le Magazine de la commune de Canéjan.
Ils sont généralement le fruit d’une écriture collective conduite par la plume experte de Pascal SARPOULET.
LES TANKAS
Les tankas ci-après ont été écrits à partir du 1er confinement COVID19, et jusqu’au milieu du printemps
Nous avons regroupé certains tankas que nous avions enchaînés, au gré des thèmes qui s’étaient alors dégagés.
NEIGE
Le chat noir réveille
ses humains dans la maison
venez venez vite
sur les fleurs de cerisier
la neige danse au printemps
Devant le dojo
Sur les cerisiers en fleur
Elle tombe la neige
L’hiver vient mettre en suspens
Tous les espoirs du printemps
La fleur du murier
S’éveille en robe de givre
Qu’un soleil fait fondre
Masi c’est bien moi qui frissonne
A cette fenêtre close
Sous l’aplomb du jour
cette fleur te dit alors
au creux de l’oreille
profite bien de l’instant
je serai fanée demain
REGRET DES SEANCES D’ENTRAINEMENT
Ce matin de mars
il reste dans sa maison
dehors une fleur
ah quand retrouver le jeu
de nos sabres dans le soir
Regard fatigué
Sombre, devant son écran,
Sinistres infos
Il rêve de coton blanc
Chut(es) ! l’espoir le réveille
Journée grise ou d’or,
La lame ne fend que l’air
Que sa course est vaine…
Où enfin trouver ce frère
Lui-même à qui je dois tout ?
PLUIE
Cette pluie d’avril
Joue sa symphonie d’automne
Sur la véranda
Quelle musique assoupie
Entendez vous dans votre île
Ciel offrant ton eau
Comme un sourire apaisant
Joue ton frais soupir
Savourant ton mouvement
Je m’installe, je t’entends
Cette pluie encore
estompe de gris le ciel
les arbres noyés
sur le pas de la maison
il regarde la journée
Dans le soir pluvieux
Les grenouilles qui coassent
Jouent la sérénade
Avec la lune gibbeuse
Sur un air mélancolique
Au matin la terre
est encore silencieuse
juste deux oiseaux
le chat miaule pour aller
dormir dans la véranda
il pleut toujours plus
dispersées au sol les fleurs
du beau lila blanc
qu’il est long le temps ici
loin du chant des keikogi
La pluie du matin
noie les lointains et les proches
à touches grisées
par la fenêtre fermée
mon regard suit un oiseau
là sous le mûrier
le vent est seul passager
de la balançoire
et l’ondée prête ses larmes
au reflet de mon regard
DIVERS
Le nuage passe
Comme une écharpe effrangée
Pour masquer la lune
De quel virus protéger
La gardienne de nos nuits
J’ouvre les volets
pour pouvoir laisser le ciel
envahir l’instant
le frais du matin me donne
un regret de la montagne
Sur le cerisier
la lumière du matin
réveille les fleurs
ah prêtez moi cet instant
en lisière de vos songes
Portée par le vent
cette fleur de pissenlit
murmure à mi mots
toi qui me vois m’envoler
où t’en iras-tu demain
Le cerisier blanc
Se met à teindre de jaune
le bout de ses feuilles
le chat se lèche les pattes
roses roses sur le noir
La belle illusion
à côté des fleurs d’avril
ce thé du matin
j’ai cru voir encore l’aube
frissonner d’un frôlement
la lame de bois
frôle sous le ciel d’avril
le cerisier blanc
chaque jour je viens trouver
son parfum d’éternité
Ce jeudi matin
je regarde dans le ciel
cinq pétales blancs
je songe à ces keikogis
éparpillés par le vent
Malgré la tempête
il viendra des fleurs encore
au cerisier blanc
prête-moi encore l’aube
et ce sourire du vent
Quelle chance alors
de pouvoir profiter seul
du cerisier blanc
mais votre rire me manque
et le blanc des keikogis
Le banc vermoulu
contemple cette fleur blanche
en rêvant de bleu
Dans le murmure du vent
la promesse d’un ailleurs
Vers une heure et quart
un rayon de soleil glisse
entre les nuages
je pense encore à l’éclat
de vos sabres au soleil
sur le grand chemin
chaque fleur de pissenlit
coule ses couleurs
à quoi bon dire au matin
que nous vivrons jusqu’au soir
enfermé loin du
dojo et de mes amis
sabre au fourreau
quelle prison m’interdit
de toujours polir ton âme ?
Cerisier tes fleurs
S’envolent avec le vent frais
Depuis ma fenêtre
J’attends qu’arrivent tes fruits
Enfin je pourrai sortir
Les mêmes espaces
effacent les jours, la vie
en copier/coller
Instant, où te caches-tu ?
Là ! dans le chant du pinson
le soleil revient
le chat cherche déjà l’ombre
et s’affale. Trop dur !
moi je voudrais tant suer
dans le dojo surchauffé
La lune de mai
dévoile la silhouette
d’un colimaçon
Sous la voûte du mûrier
je savoure le silence
Tout autour de nous
les rais du couchant allument
les akènes blancs
Ici nos sabres cisèlent
Les contours de l’amitié

