Pour une fois, nous allons profiter de cette chronique non pas pour vous parler d’aïkido mais pour rétablir une vérité historique, celle du « dernier samouraï. » Celui-ci exista vraiment seulement il ne fut pas Américain comme pourrait nous le laisser croire le film interprété par Tom Cruise et il ne s’appelait pas Nathan Algren mais… Jules Brunet (1838-1911). Ce Polytechnicien, officier d’artillerie, servit pendant la guerre du Mexique avant d’être envoyé avec la mission militaire au Japon en 1867. Le pouvoir à ce moment-là était divisé entre l’empereur du Japon soutenu par les Britanniques et le Shogun, sorte de « maire du palais » qui demanda l’aide des Français pour moderniser son armée en instruisant ses troupes. Brunet s’engagea avec ferveur dans ce rôle, il instruisit notamment les soldats au combat à la baïonnette qui devint au Japon le Juken-jutsu, qu’étudia en 1903 le jeune Ueshiba qui devait, ensuite, devenir le fondateur de l’aïkido et transposer ces techniques dans notre art. Cependant, un renversement d’alliance obligea la mission militaire à revenir en France. Brunet désobéit alors ! Il continua d’instruire les soldats du shogun pendant un an, jusqu’à la bataille de Hakodate perdue par les soldats du Shogun. Il fut alors récupéré par un navire français et ramené en France avec ses camarades officiers français, dont certains étaient blessés. Il se retrouva alors directeur de la manufacture des armes de Châtellerault, puis participa à la guerre franco-prussienne de 1870 avant de réprimer la commune. Attaché militaire en Italie et en Autriche, il acheva sa carrière comme général de division sans être revenu au Japon !

