L’aïkido est une pédagogie du geste juste, du souffle, de la distance, du lien avec le partenaire et bien d’autres choses encore. Ainsi, l’efficacité de l’aïkido n’est pas dans les combats de rue ou les affrontements physiques, elle est principalement dans l’exercice du quotidien et tous les apports, corporels, intellectuels, moraux, que cet art nous offre tout au long de notre vie, d’enfant à vieillard. Cependant, la dimension « martiale », celle qui porte en elle les arts de la guerre qui l’ont modelée, cette dimension de notre art est au cœur de notre pratique. Elle s’explique par la dimension historique : plongeant ses racines dans le moyen-âge japonais, l’ancêtre de notre aïkido du XXIe siècle fut pratiqué au sabre, à la lance et au couteau par les samouraïs et nous transmettons ces savoirs millénaires qui sont autant de leçons de vie. Dans cette perspective, la pratique des armes possède également une valeur pédagogique : en simplifiant le mouvement, le geste martial porteur d’une arme donne une forme de corps qui, sans arme est également « juste ». La martialité se retrouve également dans la pratique à mains nues : dans les frappes, les « atémis », et cette technique particulière qui fait « entrer » dans l’espace du partenaire que l’on nomme en japonais « irimi ». En pratiquant l’aïkido, nous découvrons un art de la guerre qui est devenu au milieu du XXe siècle une pédagogie de la paix, une sagesse en acte.

